Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 23:56
La trace
L’éveil se pose entre le tangible et l’impalpable.
La suffisance des corps flottants comme un souvenir.
Empreinte ephémère et volage d’un pied instable,
vît et demeure aussi légere qu’un geste de soupirs.
Il ne saurait être question d’image
là ou l’image même s’efface pour laisser place
aux traces sensorielles.
Résidus sensibles d’une perception lointaine,
informe et vide de toute croyance corporelle.



L’indigent
Nous devons fermer les yeux pour mieux dévisager,
le témoignage feint ou sincère de notre indifférence.
Géométrie froide d’une réalité circonstanciée,
une tache de couleur fait revivre l’absence.
Telle l’image psychique d’un corps souligné,
l’immobilitée s’illustre et épuise ce lieu.
Il faut choisir de voir l’ identité occultée,
refouler le sublime et toucher avec les yeux.



Entre-deux

La séduction de Merlin comme logique de l’esthétisme,
deux scènes pour un monde, découpées par son contour.
Une histoire d’eau flotte sur le surréalisme,
survivance d’une tension entre le visible et l’intouchable.
Il existe une autre image dans le noir, aussi riche, aussi pleine.
Suaire allégorique qui lévitte et laisse parler la peau.
L’empreinte identitaire comme icône du sommeil,
à un contact immuable nous ramène peu à peu.
Des rictus circulent et éloignent de la mort,
Ces visages affectés par le monde à l’intérieur.
Il n’existe pas de partage de regard avec ce corps,
qui retient sous la coupure des yeux ses désirs comme ses peurs.
Telle une gageure lumineusement incompréhensible,
Hypnos et thanatos engendrent le clair et l’obscur.
Tellement loin et si proche de l’indicible,
C’est dans ce sas que se fixe la volute de sa chevelure.



L’éveil
En hauteur et de biais,
ce souffle fragile me porte.
Transpercer le paraître
et vivre un temps seulement,
L’évidence aveugle me fait basculer,
puis tomber,
Je baille naïvement
mais me couche sans bruit.
Juste un tour monté sur le Pont des Arts,
Sans cesse en mouvement,
parfois même inconscient,
Le plein d’eau vide
me pousse à changer.



Hésitation au passage piéton
Je flâne,
mes pensées derrière moi, lourdes et amères.
J’hésite à contrarier cette lanterne verdoyante,
qui m’oblige à stagner à terre.
Le bégaiement de ma jambe dans une aubade chancelante,
réponse innattendue d’un corps en avance.
Un pas, puis non et enfin si mais plus vite,
juste une page à cheval sur une ligne blanche,
Qui d’eux mène la danse ? J’hésite.



Cheval à bascule cassé
Un corps bascule et se replie,
surpris par l’affirmation d’une chaise.
Il s’en fallût de peu que tout s’effondre
et ne m’appaise,
Mais c’est en suspens que c’est arrêté le temps.
Un temps seulement, où l’esprit fait place
à l’instinct du corps frémissant.



Tentative de description paysagère
à grande vitesse au milieu de nulle part
gêné par la perception involontaire
d’une conversation improbable
entre deux voyageur voisins inconnus,
sur la supériorité de la taille
du sexe du bigorneau proportionnellement
à sa taille parmi le règne animal.

Ça se couvre...



Salle d’attente
Seul, esseulé des autres, l’émotion est interdite.
L’infernale agitation de l’immobilité
comme manifestation de sa présence.
Je n’existe que sans mots.
Mais je ne pense qu’à être ailleurs.
Juste le bruit des yeux posé sur ma décence.
Je ne songe qu’à me fondre.
Par Rudy GUITTARD
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